MISSION POSSIBLE

 

MISSION POSSIBLE veut permettre aux adolescentes de se rencontrer et de s’outiller face à la problématique des agressions à caractère sexuel; afin de favoriser auprès d’elles une réflexion plus individuelle et plus approfondie que la sensibilisation actuellement offerte dans les écoles par le CALACS; développer le sens critique des adolescentes face à diverses situations concernant les femmes; leur permettre d’acquérir des techniques d’auto défense afin de compléter le développement de l’estime de soi et de la capacité d’affirmation et de les sensibiliser aux relations interpersonnelles saines et égalitaires.

            

Ateliers de prévention des agressions sexuelles

 

But : outiller les adolescentes à faire face à la réalité de la violence sexuelle

 

Par l’intermédiaire de ce projet, nous voulons :

  • Encourager les jeunes à faire confiance à leur jugement et à consolider leur esprit critique
  • Encourager les adolescentes à exprimer leurs insatisfactions et à trouver des alternatives satisfaisantes
  • Encourager les filles à croire en elles, en leur potentiel et en leur force
  • Amener les jeunes à développer leurs habiletés affirmatives et à exprimer leur colère
  • Augmenter leur confiance en soi

 

La parole aux participantes :

  • « …après l’atelier, nous avons plus confiance en nous et je suis plus capable de dire non » participante de l’école secondaire Jean Nicolet
  • « J’ai appris comment dire non » participante de l’école Jean Raimbault
  • « J’ai appris à m’exprimer et à prendre ma place » participante du Collège St-Bernard
  • « Merci beaucoup ! même si tu ne le sais pas  tu m’as aidée lors des rencontres. » participante de La Découverte
  • « ….toute sans aucune exception, ont retenu quelque chose et elles m’ont presque toutes dit qu’elles en ressortaient avec plus de confiance en soi » enseignante de Jean Nicolet

 

 

 

 

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L'Autodéfense mentale...tu connais?

Le problème, ce n’est pas le pouvoir de l’agresseur, c’est la façon dont nous nous imaginons ce pouvoir. Nous lui accordons souvent, sans preuves, un pouvoir qu’il n’a pas. Pour pouvoir se défendre, il faut d’abord détruire les mythes d’impuissance et de faiblesse, les déséquilibres de pouvoir réels et imaginaires qui voudraient nous condamner à être victimes, qui nous rendent victimes sans même que l’agresseur ait besoin de lever le petit doigt.

Réactions spontanées de fille :

  • Les  fantaisies négatives : Je parle de l’imagination  pessimiste. Nous sommes les championnes du monde dès qu’il s’agit de s’imaginer le pire. Un homme nous importune dans un transport en commun. Si je dis quelque chose, est-ce qu’il va m’insulter ? Est-ce qu’il va devenir violent ? Et si les autres ne m’aident pas ? Et s’il a un couteau ? Et s’ils sont à plusieurs ? Et si je suis toute seule avec eux ? Cette surenchère virtuelle nous empêche de faire les choses les plus simples, par exemple commencé par dire clairement, dans un bus bourré à craquer, que votre voisin doit enlever sa main de vos fesses.

Outre l’imagination du pire, il y a l’obstacle du monologue intérieur, qui donne parfois de mauvais conseils… Parmi les mauvaises raisons pour ne pas poser nos limites, du moins pas ici et pas maintenant, il y a plusieurs grandes familles :

  • La banalisation – de l’événement ou de nos propres sentiments (« Ce n’est pas grave » ; « Je me fais des idées » ; « Je suis trop   susceptible »).
  • Chercher des excuses à autrui – (« Sans doute qu’il/elle n’a pas fait exprès », « Peut-être il est frustré parce que son chef lui porte sur les nerfs, que sa femme l’a quitté, ou que son club de football a perdu »).
  • Le souci du qu’en-dira-t-on et la peur du ridicule – (« Qu’est-ce que vont penser les voisins s’ils m’entendent crier comme ça ? », « Si je me fâche pour ça, j’aurai l’air ridicule »), Est-ce que les autres passagers vont penser que je l’ai provoqué ?
  • Les circonstances non pertinentes – (« Mais c’est mon ami quand même », « On ne va quand même pas se disputer à Noël »

N’oublions pas : une agression est une agression, point à la ligne. Elle ne fait pas moins mal parce que la victime est susceptible, parce que l’agresseur a des problèmes, parce que les voisins pourraient avoir une moins bonne image de votre couple s’ils le savaient ou parce que c’est Noël. Une agression est une agression parce qu’elle fait mal, émotionnellement ou physiquement, et c’est une raison suffisante pour la stopper.

Cela ne veut pas dire qu’il faut toujours et dans tous les cas poser vos limites, à n’importe quel prix. Au contraire, l’autodéfense mentale consiste aussi à savoir identifier les moments et les situations où il vaut mieux ne pas réagir, soit parce que cela n’en vaut pas la peine,

soit parce que cela serait trop risqué.

                   Pour se défendre , il faut d’abord et avant tout :

  • Se donner le droit d’agir et cesser de se culpabiliser.
  • Écouter nos intuitions, petite voix
  • Se donner le droit d’avoir des émotions et avoir confiance qu’elles sont réelles et importantes.
  • Se donner le droit de les exprimer.
  • Se donner le droit d’agir dans notre intérêt. Cessez de passer l’autre en premier.

CALACS La Passerelle, 2009

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Autodéfense verbale

                                        PARLEZ-VOUS LE FÉMININ ?


Traduction de quelques formules.

Ce que les femmes veulent dire

Ce que les femmes disent

Ce que les agresseurs entendent

Tu es trop près, recule !

J’ai l’impression que tu t’approches un peu trop.

Je ne suis pas sûre que tu sois vraiment trop près, et le fait que tu sois trop près n’a aucune conséquence et tu ne dois rien changer.

Range tes affaires sans que je doive te le dire à chaque fois !

Chéri, j’ai encore trouvé des chaussettes sales au milieu du salon. Elles sont à toi ?

Je m’occupe de tes affaires, je veux juste m’assurer qu’elles sont bien à toi. Surtout ne te bouge pas !

Hé, faites la queue comme tout le monde !

Excusez-moi, je crois que j’étais avant vous.

Je m’excuse car c’est sans doute de ma faute. En plus, je ne suis pas sûre que vous m’ayez dépassée. Veuillez m’éclairer sur ce point.

Aller boire un verre avec toi ? Jamais de la vie !

Je suis vraiment désolée, mais ce soir, je ne suis pas libre.

J’aurais tellement voulu prendre un verre avec toi, mais, malheureusement, je ne peux pas ce soir. Réessaie demain et je dirai oui.

(En voiture) Ralentis, tu me fais peur !

Tu vas un peu trop vite à mon goût. Ça te dérange d’aller un peu plus lentement ?

À mon avis purement personnel, tu roules un petit peu trop vite, mais je peux me tromper aussi. De toute façon, ce n’est pas grave, et tu peux continuer comme ça si tu veux.

 

BREF...

Ne pas tourner autour du pot, et entrer directement dans le vif du sujet, sans supposer que l’autre va comprendre ce que nous voulons. Plus c’est clair et court, mieux c’est.

 

Si je veux savoir quelque chose, je dois le demander.

 

Texte tiré du livre NON c’est NON de Irene Zeilinger, 2008