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Marie-Renée Baillargeon...cause refusée!

Paru le 16 janvier 2014 10:22
Par Claire Tessier
Le RQCALACS a lui aussi réagi à l'affaire Marie-Renée Baillargeon. Merci de diffuser notre lettre d'opinion :

Le système de justice : une course à obstacles pour les victimes d’agression sexuelle
L’histoire de Marie-Renée Baillargeon, parue le 6 janvier dans les médias, questionne vivement le Regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS).
  En 1999, la jeune femme, alors âgée de 14 ans, a subi des agressions sexuelles. Dix ans plus tard, elle a déposé une plainte criminelle contre son présumé agresseur, un avocat de renom de la région de Québec. Malgré le bon travail d’enquête policière et une preuve apparemment solide, aucune accusation n’a été portée par la procureure.
  Avec le soutien de l’avocat Marc Bellemare, Mme Baillargeon tente un ultime recours en interpelant le Ministre de la Justice afin de faire réviser la décision par le Directeur aux poursuites criminelles et pénales (DPCP). De plus, une pétition circule sur internet pour recueillir des appuis et faire pression sur le Ministre.

  Le Regroupement québécois des CALACS souhaite exprimer son soutien à Mme Baillargeon et apporter quelques réflexions quant au traitement des plaintes en agression sexuelle.
Pour les victimes, le processus judiciaire représente une véritable course à obstacles, et même un marathon, compte tenu des délais très longs encourus après le dépôt d’une plainte. Un des premiers obstacles que rencontrent les victimes d’agression sexuelle concerne la difficulté de dénoncer « des gestes honteux dont il n’est pas facile de parler », comme le rapporte Marie-Renée Baillargeon.

  Les agressions sexuelles comptent parmi les crimes les moins dénoncés, et ce pour de nombreuses raisons. Les survivantes ressentent souvent honte et culpabilité par rapport à ce qu’elles ont subi. Il s’agit en fait d’un des rares crimes où c’est la victime qui se sent coupable. Par ailleurs, dans plus de 80% des cas les victimes d’agression sexuelle connaissent leur agresseur. Il s’agit souvent d’une personne proche et il est raisonnable de croire que, dans ces circonstances, plusieurs femmes ne se sentent pas en sécurité de dévoiler leur histoire, d’autant plus qu’elles craignent, par-dessus le marché, de ne pas être crues.
 Le premier enjeu pour une victime d’agression sexuelle est en effet celui de sa crédibilité. Tous les jours dans les CALACS, nous accueillons des femmes dont la parole a été mise en doute, y compris par des policiers qui ont reçu leur plainte. Cela représente un obstacle important pour les victimes. Certes, le travail d’enquête consiste entre autres à établir la crédibilité des témoins, mais il semble parfois y avoir un préjugé défavorable envers les victimes, d’après ce que nous observons sur le terrain. Comme si les soupçons étaient tournés vers elles : êtes-vous certaine, madame, de ne pas avoir consenti ? Pourquoi l’avoir suivi chez lui ?
Quant à Marie-Renée Baillargeon, son témoignage est crédible aux yeux de la police et les faits allégués ont été corroborés par différents témoins, dont une autre jeune victime. Pourtant, la plainte n’a pas été retenue par la Couronne. Si aucune accusation n’a été portée dans la cause de Marie-Renée Baillargeon, imaginez toutes ces victimes pour qui leur témoignage ne constitue que la seule preuve.
Un autre obstacle majeur pour les victimes réside dans le faible taux de rétention des plaintes en matière d’agression sexuelle. Selon les statistiques policières du Ministère de la Sécurité publique, environ la moitié des dossiers ont été classés en 2012. Sur 2569 dossiers traités, 1145 (45%) l’ont été sans mise en accusation. Bien qu’il existe divers motifs de classement, la raison invoquée dans la majorité des cas est inscrite sous le libellé « raison indépendante de la volonté policière ». Par exemple, le ou la procureur(e) n’est pas raisonnablement convaincu de pouvoir obtenir une condamnation et ne porte donc pas d’accusation. Que manquait-il pour convaincre la procureure dans le cas de Marie-Renée Baillargeon, alors que policiers et témoins ont contribué à établir une preuve apparemment suffisante ?
Il va sans dire que des améliorations doivent être apportées au système de justice. Les femmes victimes d’agression sexuelle reçoivent des messages contradictoires et sont coincées entre un discours les encourageant à porter plainte contre leur agresseur et un autre discours les décourageant, comme celui relaté par l’histoire de Marie-Renée Baillargeon.
Le processus de guérison des femmes et adolescentes victimes d’une agression sexuelle doit avant tout se traduire par de l’écoute et de l’aide peu importe le parcours qu’elles choisissent pour faire valoir leurs droits.
Dernière modification à cet article le 16 janvier 2014 11:10:45

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